Pour la première fois réunis sur un projet commun, les beatmakers Senbeï et Al’Tarba accordent leurs violons autour d’un lot de vinyles psyché rock valant son pesant d’or, prêt à être fondu pour créer de nouveaux bijoux. L’équipe de Quali District se glisse dans le chaudron sonore du binôme !

Ils ont créé un monstre. Prenez la science du sampling d’Al’Tarba, et sa capacité à créer des ambiances oppressantes et caverneuses. Ajoutez-y les productions électro développées par Senbeï, infatigable pyromane des dancefloors avec Smokey Joe & The Kid. Vous obtiendrez Rogue Monsters, mutant à deux têtes échappé d’une lave aux éruptions electro-rock façon Prodigy, abstract hip-hop, et rock psychédélique des seventies !

Un choix artistique plutôt inattendu, les deux artistes n’ayant jamais caché leur goût pour les sonorités swing des années 30 et l’imagerie crapuleuse de l’époque de la prohibition (l’album Nasty Tricks pour « Smokey Joe » Senbeï / l’EP Ladies & Ladies pour Al’Tarba). Pour le coup, les deux associés ne versent pas dans la facilité en infusant directement leur culture hip-hop dans des textures electro dédiées au dancefloor ! Enfants des années 90, ils laissent libre à court à leurs accointances britanniques, revendiquant des références breakbeat à Prodigy, The Chemical Brothers et même Fatboy Slim (l’aérien « Falling »).

C’est bien là toute la force du projet. Tandis que certains morceaux semblent taillés pour les concerts et l’énergie du live (« More Pressure », « Gangsters », « Tarikh »), d’autres se dédient clairement à l’écoute et à la contemplation (« Oh, Edwaaaaaard », « Yurei & Baku », « Lonely Bones »). À l’arrivée, on se délecte d’un projet inclassable qui s’appréciera autant « au calme » que sous les flashs des stroboscopes !

Comme on ne se refait pas, les amateurs de rap sous influence oi! apprécieront « On hante la ville », nouvel inédit de Droogz Brigade. Les irréductibles toulousains concoctent une de leurs grandes spécialités : le récit d’une virée malsaine dans des ruelles sombres une fois
passée la fermeture des bars.

Pour finir, on vous annonce que le clou du spectacle n’est pas un morceau… mais une interlude ! On vous laisse le soin de la découvrir !

Paul Muselet