Toulouse. Premier concert au grand complet de l’Asocial Club, et première interview pour le fameux cerbère à cinq têtes composé d’Al, Casey, Prodige, Virus et Rocé. Une association de poids lourds ayant fait couler beaucoup d’encre depuis le mois d’août. Hormis ce line-up inattendu, on savait finalement peu de choses au sujet du groupe. Des questions, nous en avions. Forcément.

Chaque membre de l’Asocial Club porte déjà une identité forte en solo. Comment le collectif a-t-il pris naissance ?

Prodige : On se connait déjà tous très bien. C’est parti d’une connerie toute bête : en soi, on n’aime pas trop les rappeurs. On s’est dit, autant faire un truc tous ensemble. Ce qu’on fait, ça part toujours d’une connerie !

Quel message derrière le nom Asocial ? Est-ce vis-à-vis des rappeurs ? De la société tout court ?

Casey : Je suis pas sûre qu’il y ait un message. C’est juste un trait de caractère qu’on a en commun. Comme dit Prodige, on s’entend bien. C’était une envie qu’on partageait. Ce projet est devenu de plus en plus évident.

Al : Avant tout, c’était l’envie de faire des scènes ensemble, et marquer le coup en sortant un disque. Petit à petit, ce projet d’album a même pris le dessus sur l’intention de faire un plateau. Comme c’était cohérent, pourquoi ne pas le faire ? En plus, si tu veux faire des scènes, il faut avoir un projet à mettre en avant.

Il y a deux membres d’Anfalsh dans l’Asocial. N’est-ce pas un groupe dans le groupe ?

Casey : Non, rien n’est en opposition. Que ce soit nous ou Matière Première, on n’est pas des sectes ! Avec B .James on est bien partis avec Zone Libre. Anfalsh reste Anfalsh. C’est pas une histoire de bannière ou d’étendard. Chacun fait ce qu’il veut.

Prodige : Si demain je veux faire un album de bossa nova, j’y vais !

L’album est-il déjà en préparation ? Quelle identité allez-vous lui donner ?

Casey : C’est en préparation. Après jusqu’ici, ça n’a pas encore été vraiment réfléchi. Il y a des instrus, on en discute… Rien de très conceptuel, ça reste spontané ! Ce sera de la musique comme on en fait déjà. Tu as des idées, tu les partages, t’écris et tu vois que ça donne.  Quand tu fais un truc, il faut éviter de se regarder faire. Il n’y a rien de pire je pense…

Al : Je pense que parmi nous, personne ne part avec une idée prédéfinie d’un album, en se disant qu’il aura telle couleur, tel aspect… On ne sait pas comment ça va sonner en fait. Ça ressemblera à ce que ça doit ressembler.

Prodige : Et puis nos thèmes, les gens les connaissent !

À la prod, retrouvera t’on Hery et Laloo ?

Casey : Virus taffe avec Banane, Al avec Saxe, nous avec Héry et Laloo. Il y aura ces 4 là.

C’était un peu le mystère autour du collectif, était-ce voulu ?

Prodige : C’est normal, c’est le début !

Casey : Ça s’est fait très vite. Il n’y a pas eu de mystère entretenu ou voulu.

Y’aura-t-il des inédits ce soir ?

Casey : Non, il n’y as pas encore d’inédits. Quand on s’est calé pour le collectif en mai dernier, on avait déjà bloqué des dates de concert alors qu’on n’avait pas encore écrit une rime ! Pour l’instant, on joue des morceaux de nos répertoires respectifs. C’est seulement en décembre- janvier que les morceaux sortiront, car pour l’instant, ils ne sont pas terminés. Et surtout pas mixés. C’est relou de faire du live avec des morceaux non mixés. Après on n’a pas menti aux gens. Les programmateurs le savaient. Ça ne les a pas empêchés de nous booker quatre dates.

Et ton projet personnel ? L’a tu mis de côté pour Asocial Club ?

Casey : On a tous mis nos projets de côté. Al prépare aussi le sien, Virus aussi.

Rocé, tu apparais en featuring ce soir. Appartiens-tu au collectif, ou est-ce juste ponctuel ?

Rocé : J’ai sorti mon projet il n’y a pas très longtemps… Comme dit Casey on a tous nos projets à côté, et c’était parfois un peu compliqué pour moi de me synchroniser. J’avais déjà des choses de prévues. À partir de là, pour pas mentir aux gens, ça m’a paru plus prudent apparaître en featuring au cas où je ne puisse pas venir. C’est une question d’honnêteté. C’est pour tenir parole vis-à-vis de ce qu’on annonce.

Tu apparaitras sur le disque ?

Rocé : Oui !

Le mot de la fin ?

Prodige : Virus ?

Virus : C’est assez compliqué de parler de tout ça, car c’est encore jeune ! Tu parlais de mystère… nous on est dans le mystère ! Je trouve que c’est même un peu tôt pour une interview. C’est en train de se faire. Tout le monde te dira que c’est l’humain et l’artistique qui parle. C’est ce que tout le monde dit, même ceux qui calculent. Je n’ai pas grand-chose à ajouter. Peut-être rappeler la part de Tcho dans le projet. Il y a eu pas mal d’interactions par rapport à lui. Il est un peu à l’origine du collectif. Ça aurait pu s’appeler l’Antidote Club dans le fond ! Pour le coup, ça s’est fait vraiment naturellement.

Al : Au final s’il y a eu mystère ce n’est pas plus mal. Ça veut dire qu’il y a une attente, et c’est très bien comme ça.

 

Propos recueillis par Paul Muselet 

Photos: Tcho / Antidote

Un grand merci à Corrado – Built to Last