Le Mc intègre le cercle des rappeurs actuels, qui a à peine 20 ans, possèdent déjà une petite notoriété, via les vidéos «maisons » et freestyles diffusés sur les réseaux sociaux. Dans la lignée des 1995, le jeune parisien du 13e se contente de faire ce qu’il aime : rapper sous le prisme des sonorités « old school ». Son premier EP (très bon) nous a poussé à le connaitre davantage.

Peux-tu te présenter ? Pourquoi « Mothas la Mascarade » ?

Mothas c’est simplement l’anagramme de Thomas, mon prénom. La mascarade pour tout dire… J’essaie d’esquiver à chaque fois car ça vient d’un truc bidon! (Rires) J’étais une soirée, je faisais le con et une meuf bien lourde me suivait partout en criant « mais c’est une mascarade ce mec ». Je ne faisais pas de rap à l’époque, et comme on s’appelait par des pseudos c’est resté. Sinon je viens de Paris-sud, le 13e : Paris South Playa face à la mer ! J’ai commencé en 2007. J’avais un groupe : le Concept Crew, composé d’amis de lycée. Au fil du temps nos chemins se sont séparés. Je suis resté en contact avec ceux qui ont vraiment accroché au rap comme Ketur (l’Affaire) et Black Sam. C’est avec lui qu’on a monté BPM, mon groupe actuel. Bhati nous a rejoint ensuite. Sinon, l’Affaire c’est avant tout une association organisatrice de concerts et d’événements. On se sert de la structure pour sortir des mixtapes qui réunissent tout un entourage de rappeurs.

De l’extérieur, on sent qu’une nouvelle génération de rappeurs est en train d’émerger, avec beaucoup de points communs au niveau des esthétiques, beats, thèmes abordés… Sans parler de la proximité géographique ! Tu collabores beaucoup avec Lomepal et ce n’est sûrement pas un hasard. Que se passe-t-il dans ce quartier de Paris ?

Au début avec Lomepal on ne se connaissait que de vue. Je le croisais souvent place d’Italie, il faisait beaucoup de skate là bas. Comme on vient du même arrondissement et on avait déjà quelques amis en commun. Je voyais un peu les 1995 et lui connaissait Nekfeu. Maintenant on est super potes, au point de partir tout le temps en vacances ensemble ! Dans le rap on s’influence beaucoup. Mais plus généralement on appartient tous plus ou moins à la même école, c’est sûr. On a les mêmes goûts : fans de old school et de technique. Et si tout le monde se connait, c’est aussi grâce à internet ! C’est très facile de rencontrer les autres rappeurs. C’est comme ça que j’ai connu Caballero qui habite à Bruxelles.

Pour rester dans le sujet, qui a impulsé cette « mode » des clips quasiment dédiés au post sur la chaine Youtube? Les freestyles sur face b existent depuis longtemps, mais ils n’avaient jamais été autant suivis, du moins sur internet.

Je pense que 1995 a une grande part dans ce mouvement. Ils y ont beaucoup contribué en tout cas. Je les voyais quand j’allais aux open-mic. A l’époque personne ne les connaissait, mais ils étaient déjà très forts. Ils sont arrivés à un moment où il y avait énormément d’auditeurs de rap amateurs de boom-bap, lassés de réécouter en boucle leurs vieux CD. Et puis le rap français était encore assez « dirty » avec des thèmes un peu moins enjoués. Quand ils sont arrivés, ils étaient vus comme des OVNI! C’est ce qui a plu je pense.

Parlons de ton EP, Paris South Playa….

D’abord, « Paris South Playa », car je suis amoureux de cette ville, tout simplement ! Sinon les morceaux se sont fait au feeling, avec des gens que je connaissais déjà. Par exemple, « Sous les Lumières » avec Juliette Davis. Elle vient du même quartier que moi, ça me tenait à cœur qu’on enregistre ensemble. C’est aussi quelqu’un de très sérieux musicalement parlant, qui fait des choses très bien avec son groupe (La Classe, Ndlr). Après il y a « Good Time », qui un peu la track dédiée au feat. Je trouvais ça important de mettre d’autres rappeurs que ceux de BPM. Ça aurait été un peu trop facile car nous sommes tout le temps ensemble ! L’instru est de Rakma, des Kids of Crackling. Lomepal l’avait écouté, il la trouvait dingue et voulait vraiment qu’on pose dessus.

Et pas de prod de Dj Lo, hormis un remix !

Mais lui c’est un homme d’affaires ! (Rires) Disons qu’actuellement il est Dj d’un des groupes de rap qui marche le mieux en France, donc c’est vrai qu’il est assez occupé. C’est un bon ami. Ça m’a fait plaisir qu’il fasse ce morceau, surtout qu’il aimait beaucoup l’original de Lumi.

Quels projets t’ont plu dernièrement?

J’ai vraiment kiffé Apex, l’EP de Veerus. Et L’été à Paris d’Espiiem (écoutez « Nuit Blanche et Noire »)! Ils ont des univers assez nostalgiques, j’aime beaucoup.

Qui connais-tu à Toulouse ?

Furax ! C’est un rap qui est très éloigné de ce que je fais, mais je respecte, c’est mortel.

Des projets à venir ?

Avec BPM on sort notre EP, en téléchargement gratuit début février ! Sinon un projet franco-belge va se concrétiser, avec Tonio MC, Jean Jass, Seven et moi.

 

Propos recueillis par Paul Muselet.